La course aux algorithmes, un nouveau « matériel de guerre » au service des acteurs internationaux.

http://www.courrierinternational.com/article/2011/01/13/la-cryptographie-un-art-toujours-perfectible

Commentaire :

A l’ère du « tout numérique », la sécurité des données personnelles est devenue un enjeu primordial pour les gouvernements. Preuve en est avec l’introduction dans les constitutions de nombreux pays de l’habeas data (cf C. Brésilienne :  Art. 5. […] LXXII – l’habeas data est accordé: a) pour garantir à l’impétrant la connaissance d’informations le concernant qui figurent dans les registres ou les banques de données gouvernementales ou à caractère public.). Bien entendu cela concerne non seulement les individus, mais aussi les entreprises et plus largement les Etats. «L’e-banking, par exemple, fonctionne selon ce principe. C’est l’un des rares domaines, avec la téléphonie mobile, le Wi-Fi, le Bluetooth, les bancomats ou encore la télévision cryptée, où les particuliers utilisent le cryptage. Les sociétés codent surtout les échanges entre les réseaux externes et leur réseau interne, ainsi que les “backups”, les données qui sont sauvegardées ». Toutefois notons que les e-mails ne sont pas cryptés.

Pourquoi recourir au cryptage ? Il s’agit de la volonté naturelle des Etats de protéger des informations confidentielles ayant été informatisées. De même pour les entreprises qui sont fréquemment sujettes aux tentatives d’espionnage industriel dans un contexte de concurrence à l’échelle mondiale.

Il existe donc plusieurs types de clés plus au moins complexes et efficaces. « Des clés de plus en plus longues et coûteuses en temps de calcul lors du cryptage sont nécessaires. On est donc en train de passer à des algorithmes à courbes elliptiques, » sans oublier l’ultra sécurisé « algorithme du masque jetable », sorte de nouveau « téléphone rouge Moscou-washington », -utilisable qu’une seule fois. Véritables armes de guerre pour les agences de renseignements des Etats (démocratiques ou non), mais aussi…des cartels de drogue. Sans oublier que depuis la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à nos jours les chercheurs étasuniens ont été les leaders dans ce secteur de recherche qui devient aujourd’hui un enjeu crucial. Aussi l’importance de crypter les informations concernant la sureté nationale est accrue par la tendance à la numérisation. Ce qui peut donner, faute de sécurité suffisante, aux fuites de type Wikilieaks, révélant des dépêches diplomatiques ultraconfidentielles. Les cryptages sont en quelque sorte ces « enveloppes » qui protègent des missives que le décryptage souhaite révéler. Ajoutons enfin que la puissance des ordinateurs ajoute un risque nouveau « Les ordinateurs quantiques sont encore au stade embryonnaire, mais ils font peser une menace réelle sur les systèmes à clé publique. Ils devraient en effet ne faire qu’une bouchée de ce type de cryptage. Sans compter qu’avec une puissance de calcul immense on peut toujours tenter une attaque en force : c’est-à-dire en essayant successivement toutes les clés possibles ».

Les technologies numériques tendent être de plus en plus encadrées juridiquement puisqu’elles prennent de plus en plus de place non seulement dans la vie des citoyens, mais aussi dans la gouvernance des Etats. Cela  conduit les dirigeants politiques à engager des hakers pour tester la vulnérabilité de telles ou telles clés. C’est ainsi que les mathématiques entrent en politique. Qui l’eût cru?

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