Controverse sur les OGM: quand la légitimité des experts est remise en cause…

http://www.liberation.fr/terre/01012374555-sarkozy-maintient-son-opposition-au-mais-ogm-monsanto

http://www.liberation.fr/terre/01012374394-le-conseil-d-etat-donne-la-cle-des-champs-aux-ogm

Pourquoi les expertises scientifiques sont-elles controversées par les instances juridictionnelles européennes et françaises?

Le Conseil d’Etat a décidé d’annuler le moratoire sur la culture de maïs OGM Monsanto, arguant le manque de preuves scientifiques apportées par le gouvernement français en 2008. Cette décision fait écho à celle de la CJUE. Pourtant le chef de l’Etat a réitéré son refus de voir triompher la cause Monsanto au nom d’une productivité qui se ferait aux dépens des consommateurs.

«Je crois à la recherche, je crois au progrès, je crois à la nécessité de donner aux agriculteurs les moyens de développer leur productivité, mais je pense aussi que tout doit être fait pour maintenir la confiance du consommateur» a déclaré N. Sarkozy.«La recherche, l’amélioration de la productivité, c’est essentiel pour l’agriculture française, il ne s’agit pas de fermer la porte au progrès». «Mais nous avons pas le droit de faire prendre des risques à la santé des consommateurs et des agriculteurs», a-t-il martelé.

« La plus haute juridiction administrative a estimé que la preuve d’un niveau de risque élevé pour la santé ou l’environnement n’avait pas été apportée par le ministère de l’Agriculture. »

Pourtant ce n’est pas faute de preuves scientifiques ! Le gouvernement français s’était appuyé sur les recherches scientifiques chinoises et américaines. D’après Nathalie Kosciusko-Morizet, les dangers sont bien là. Outre le risque que représente la toxine BT comprise dans ledit maïs pour les types d’insectes autres que les ravageurs, elle est soupçonnée de provoquer une résistance accrue chez ces derniers.

D’autant plus, qu’ «il ne se passe pas une semaine depuis 2008 sans qu’une nouvelle information ne vienne étayer le dossier à charge contre la variété de maïs de Monsanto».renchérit J. Bové, eurodéputé.

Certains, à l’exemple de Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement et députée européenne se demandent pourquoi les juges remettent en cause « le bien fondé scientifique d’une décision ». « C’est d’autant plus regrettable que les décisions d’autorisation reposent en premier lieu sur une expertise européenne critiquée et entachée de conflits d’intérêts et qui, elle, ne peut faire l’objet d’aucun recours » a-t-elle déclaré.

Pourtant cette décision ne fait pas que des malheureux : « Le Conseil d’Etat confirme que la décision française était juridiquement infondée».«Depuis quatre ans, la culture est interrompue, privant les agriculteurs, par un brutal retour en arrière, de progrès et solutions agronomiques, et laissant les sociétés semencières dans une totale incertitude » a déploré le porte parole des semenciers français à cette occasion. « Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et adopter des mesures concrètes afin que la liberté de cultiver des OGM soit effective et respectée.»

C’est à se demander si la compétitivité des agriculteurs français (et européens) n’aurait pas pesé plus lourd aux yeux des juges que les rapports des experts scientifiques.



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