Sommet de Durban, quels enjeux de gouvernance?

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/11/conférence-de-durban-lavis-dun-économiste.html

Interview avec Jean-Charles Hourcade {Economiste, directeur du Centre international de recherches sur l’économie et le développement (CIRED), il participe à la Conférence de Durban comme membre de la délégation française. Spécialiste de l’économie du changement climatique}.

Pour J.C.Hourcade, le politique, l’économie, la finance et l’environnement sont des domaines étroitement liées. Pourtant on a tendance aujourd’hui à les séparer, ce qui a pu conduire aux échecs cuisants des conférences sur le climat.

D’après lui, la presse aurait présenté le dossier climat comme l’apanage des « écolos », un thème « à la mode », mais finalement accessoire face à des enjeux plus sérieux à l’instar de la crise de la dette, etc. Or que nous révèle la crise ? La faillite d’un mode de vie fondé sur des illusions. L’illusion d’une énergie « abondante, peu chère et non génératrice de tensions politiques », « un illusoire «commerce des promesses» et une financiarisation des économies ».

De ce fait, trouver des solutions à la crise écologique c’est aussi remettre en cause le mythe d’une société d’abondance et revaloriser une philosophie de la sobriété. En outre, les projets autour du climat sont aussi une garantie pour la paix, dans un monde où les ressources se font de plus en plus rares laissant planer la menace de conflits autour des matières premières. Plus encore, c’est une solution à la crise sociale, car lancer des projets «bas carbone» en particulier dans les infrastructures » est un support pour la relance économique. Comment en effet sortir d’une gestion rigoureuse de la crise, alors que les populations ne sont pas toujours prêtes  à en souffrir les frais ? A long terme, le développement des secteurs de l’énergie, du bâtiment, des nouveaux matériaux sera porteur de nouveaux emplois.

Pour JCH la «gestion rigoureuse imposée par la crise de la dette » nous enferme au contraire « dans un mortel cercle récessif. » 

A Durban il s’agira donc de ne plus traiter ces questions séparément et oser remettre en cause le système financier international, le « mal développement ». Oser raisonner à long terme pour des projets de développement durable ambitieux. Mais il ne s’agit pas de renforcer simplement le secteur recherche-développement. La résolution de la crise écologique passe par l’épuration des marchés financiers en favorisant l’investissement en technologies «bas carbone», c’est-à-dire en renonçant à la « dictature de la valeur boursière qui s’est imposée depuis deux décennies comme ultima ratio de la gestion des entreprises ».

Enfin, la question du réchauffement climatique comme on l’a souligné par ailleurs, c’est aussi un enjeu philosophique quant à l’épanouissement humain. La surconsommation n’est pas le souverain bien, on en est conscient. Il s’agit donc de trouver un nouveau mode de vie, de consommation…Difficile à accepter pour les puissances émergeantes, les BRICS. On attend donc beaucoup de cette nouvelle conférence qui soulèvera, espère JCH, tous ces problèmes.


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