« Internet rend-il bête? »

http://www.lexpress.fr/culture/livre/internet-nous-rend-il-betes_1041333.html

http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2008/07/is-google-making-us-stupid/6868/

Fascinant! A quel point l’homme se révèle un être « malléable ». Après avoir vu notre quotidien envahi par les objets techniques, la Nature elle-même soumise à son Empire, sommes-nous en train d’être transformés à notre tour jusqu’à notre conscience du monde qui nous entoure?

«  When I mention my troubles with reading to friends and acquaintances—literary types, most of them—many say they’re having similar experiences. The more they use the Web, the more they have to fight to stay focused on long pieces of writing. » écrit Nocholas Carr l’auteur du livre « Internet rend-t-il bête? ». D’après l’enquête qu’il a mené auprès de ses amis bloggers, certains ont même arrêté de lire alors qu’ils passaient plus de temps sur leurs blogs…

“What if I do all my reading on the web not so much because the way I read has changed, i.e. I’m just seeking convenience, but because the way I THINK has changed?” s’interrogent-ils. Est-ce que l’utilisation d’Internet modifie à terme nos capacités intellectuelles? Notre perception du monde?

Nos habitudes cognitives seraient en train de changer la façon dont nos synapses se connectent entre eux, autrement dit le fonctionnement général de notre cerveau, et la manière dont nous percevons le monde.

Le Web, « écosystème de technologies d’interruption », nous aurait  fait … regresser! Notre pensée, plus rapide serait aussi caractérisée par une grande superficialité. Notre mémoire se dégraderait.  Car plus besoin de retenir par coeur, noter…quand tout est à portée de main. En deux clics, deux secondes, Google répond: 100000000 résultats à votre requête. Nous sautons d’un lien à un autre, nous lisons en diagonale, notre regard s’accroche aux titres des articles qui se multiplient à l’infini.

L’auteur utlise une métaphore amusante pour décrire notre capacité de concentration. « My mind now expects to take in information the way the Net distributes it: in a swiftly moving stream of particles. Once I was a scuba diver in the sea of words. Now I zip along the surface like a guy on a Jet Ski. » Notre intelligence, tendrait à devenir de plus en plus superficielle. On imagine l’effet de ce type de transformations sur la culture personnelle de l’individu, son éducation. Car s’il n’est pas habitué à approfondir, analyser, penser véritablement les sujets qu’on lui présente, quel citoyen sera-t-il?

Notre perception serait en fait modelée par l’utilisation des objets qui nous entourent. Notre conscience, nos capacités cognitives souffriraient de l’impact néfaste des nouvelles technologies. Aussi, quand Nietzsche, parce qu’il était atteint d’une maladie des yeux s’acheta une machine à écrire, afin de pouvoir se laisser guider par le toucher et continuer à écrire les yeux fermés, ses amis remarquèrent que son style s’était profondément transformé.

Et Nicholas Carr de citer:  “Perhaps you will through this instrument even take to a new idiom,” the friend wrote in a letter, noting that, in his own work, his “‘thoughts’ in music and language often depend on the quality of pen and paper.”

“You are right,” Nietzsche replied, “our writing equipment takes part in the forming of our thoughts. »

” Under the sway of the machine, writes the German media scholar Friedrich A. Kittler , Nietzsche’s prose “changed from arguments to aphorisms, from thoughts to puns, from rhetoric to telegram style.”

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s