La mer d’Aral, l’histoire d’un désastre…réversible?

http://www.lefigaro.fr/international/2008/10/23/01003-20081023ARTFIG00034-la-renaissance-de-la-mer-d-aral-.php

« En 1960, la mer d’Aral, qui compte parmi les quatre plus grandes mers intérieures du globe, couvrait 68 000 km², l’équivalent de deux fois la Belgique. En quarante ans, elle a perdu la moitié de sa surface et les trois quarts de son volume d’eau, sacrifiée sur l’autel des soviets au nom d’une politique d’industrialisation à outrance. La «conquête des terres vierges» lancée dans les années 1950 signa délibérément son arrêt de mort. Des canaux prélevèrent 60 % du débit du Syr-Daria et de l’Amou-Daria, les deux rivières qui l’alimentent, pour irriguer quelque sept millions d’hectares de coton et l’apport d’eau à la mer d’Aral qui s’élevait à 55 millions de mètres cubes par an en 1960 se réduisit bientôt à 7 millions.« 

Voici un exemple de la manière dont la politique industrielle a transformé l’environnement jusqu’à le détruire, au nom de la croissance économique. On a sacrifié la nature sur l’autel de la guerre froide; devenir une grande puissance signifiait pour l’URSS, dépasser son premier adversaire, les Etats-Unis, un colosse industriel. On ne peut s’empêcher de penser à Heidegger parlant du Rhin emprisonné dans les barrages, transformé jusqu’à dans son essence même, telle qu’elle était perçue par les artistes (poème de Hölderlin). L’empire  de la technique a emprisonnée, bouleversé la Nature et notre perception de la Nature. Elle a été asservie au progrès par une politique impitoyable. Il y a comme une « dynamique d’émancipation de l’humain » vis-à-vis de l’agencement naturel, son environnement.

Toutefois, une prise de conscience s’est produite récemment, non seulement par les autrorités locales mais aussi par la communauté internationale. « À environ 250 km en aval, le barrage de Kokaral a produit ce miracle. Financée par la Banque mondiale et le gouvernement ka­zakh, longue de treize kilomètres, la digue, depuis son entrée en fonction en 2005, a permis à la Petite Mer de reconquérir 50 % de sa surface. Le niveau d’eau, de moins de 18 mètres en 2004, atteint aujourd’hui 42 mètres »

Le gouvernement kazakh, les militants locaux et la Banque mondiale, témoignent de cette prise de conscience de notre responsabilité dans la gestion de l’environnement. Réussiriont-ils à rattraper les abus passés? Pas complètement, mais le miracle de la Petite-Mer en train de renaître, reste encourageant.

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