Comment nourrir 9 milliards d’humains?

http://www.courrierinternational.com/article/2011/03/09/que-mangera-t-on-en-2050

“Les leaders de la planète répondent uniquement à des problèmes de court terme. Ils se désintéressent de la question de la fondation biologique de la civilisation qu’est l’agriculture.” telle est l’accusation portée à la fin de cet article par Cary Fowler, directeur du Global Crop Diversity Trust[structure de partenariat entre la FAO et des organismes privés comme les fondations Rockefeller ou Bill Gates, qui a pour objectif le maintien de la diversité biologique des variétés agricoles].

Pourquoi? A voir l’échec de Copenhague, les difficultés des négociations sur le climat, les chercheurs du GCDT redoutent un scénario catastrophe pour les décennies à venir. L’inaction en matière climatique pourrait coûter cher alors que la population ne cesse de croître. Comment nourrir 9 milliards d’humains d’ici 2050 tout en veillant à la réduction des émissions de CO2? D’autant plus l’agriculture intensive « n’est pas infinie » prévient Fowler. Et d’insister:  “Les terres irriguées ont doublé, la quantité d’eau utilisée a triplé, celle des pesticides a été multipliée par 53”. “Il faut repenser l’agronomie, les pratiques agricoles et la reproduction des plantes.”

De plus, le réchauffement climatique a un impact certain sur la croissance de la production, et Fowler est assez pessimiste à cet égard contrairement aux chercheurs de la Royal Society: “Si l’on prend le riz, l’augmentation de 1 degré seulement de la température nocturne a diminué sa production de 10 %, et, si l’on se penche sur les pollinisateurs, la chaleur affecte leur comportement et contribue donc à un moindre rendement des plantations.” 

Même s’il ne faut en aucun cas perdre de vue qu’il faut déjà s’employer à changer la répartition inégalitaire de la nourriture. Selon l’article, un septième de la population concentre un excès de nourriture, alors qu’un septième souffre de la faim.

Comme disait B. Latour, il est impossible aujourd’hui de séparer les questions écologiques (réservées il y a une vingtaine d’années aux techniciens, scientifiques) et la politique. Les hommes politiques doivent aujourd’hui prendre en compte non seulement le progrès scientifiques, mais aussi ses conséquences. Autrement dit, raisonner à long terme. En effet les enjeux sont multiples. Aussi, John Beddington, {le principal conseiller scientifique du gouvernement britannique}, affirme que le défi n’est pas seulement d’augmenter la production de façon durable en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en préservant la biodiversité”,mais qu’il s’agit aussi bien de rendre l’alimentation plus réactive face à l’instabilité aussi bien économique que climatique”. 

 Cet article souligne donc les enjeux majeurs de la gouvernance aujourd’hui, face à la crise économique qui secoue la zone euro menacée de disparaître, ainsi qu’aux annonces alarmistes des chercheurs, il ne faut pas perdre de vue les horizons – certes lointains- de 2030, voire 2050, au risque d’aller à la catastrophe climatique et démographique.


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